Ensemble Hasbihâl

Samedi 13 janvier 2007 17h Théatre de la ville
ENSEMBLE HASBIHÂL
Chants sacrés des Alevis Bektasi
Turquie

Gülcan Kaya chants d’Anatolie
avec 4 musiciens

Voix célestes
« Cherche et trouve.
Éduque les femmes.
Même si on te blesse, ne blesse pas […]
Le premier stade de l’accomplissement est la modestie.
Qu’importe ce que tu cherches, cherche en toi-même.
Maîtrise tes mains, tes paroles et tes désirs… »

Tels sont quelques-uns des préceptes qu’enseigne la sagesse prônée par Haci Bektas, au xiiie siècle. Elle compte aujourd’hui encore une foule d’adeptes rassemblés dans l’ordre soufi des Bektasi. Outre cette filiation, les alevis-bektafli adhèrent à des survivances du shamanisme turc venu, jadis, d’Asie centrale, et se reconnaissent des tendances chiites.
L’Ensemble Hasbihâl porte un nom – parler, communiquer, effacer la peine – qui résume sa démarche. Il réunit Derti Divani, troubadour et maître spirituel respecté, et les musiciens traditionnels Ulafl Ozdemir, Huseyin et Ali Riza Albayrak. Ils jouent baglama et saz anciens, instruments sacrés. Religieux, le répertoire comprend chants d’amour mystique, hymnes célébrant les douze imams et l’expérience mystique, semah pour accompagner la danse rituelle…
Chacun chante dans son propre style tandis que les autres accompagnent. Quatre voix, comme retenues, qui privilégient le registre de la douceur. Un chant de l’âme partagé avec chaque spectateur car, « chaque créature est le reflet du Créateur ».
Gülcan Kaya revient. Un retour attendu. Au fil de poèmes mystiques dépourvus d’ornementation, elle chante aussi le ciel. Et la terre. Des semah alevis aux chants anonymes recueillis à travers toute l’Anatolie, elle s’est forgé un vaste répertoire dont les thèmes sont multiples. Avec une technique vocale éprouvée, elle chante à la manière traditionnelle. Sa voix, éclatante de beauté, charme l’oreille et l’âme. Une voix.

Jacques Erwan