Casadesus

C’était en 1987, lors du Printemps de Bourges. J’avais convié l’Orchestre National de Lille, conduit par son fondateur et chef d’orchestre, Jean-Claude Casadesus, à offrir un concert sous les voûtes de la cathédrale de la ville. Un florilège d’œuvres classiques composait le programme. Le concert achevé, tandis que le public, séduit, applaudissait à tout rompre, je courus en direction du chapiteau…

L’ensemble Malavoi était arrivé le jour même de la Martinique ; ses membres avaient, chacun leur tour, pris une douche dans ma chambre… Ce groupe jouait sous le chapiteau du festival. Debout, le public dansait… je me tins en coulisses, côté jardin, pour voir et écouter les musiciens.

Soudain, je ressentis une présence derrière-moi. Je me retournai : stupéfait et incrédule, je vis le célèbre chef d’orchestre tanguer et se dandiner sur les rythmes antillais. Sidéré, je le regardai et il me dit : « tu sais, à mes débuts, je jouais des percussions et j’adore cette musique. »

A l’issue du concert, j‘eus toutes les peines du monde à le convaincre de m’accompagner dans les loges pour saluer les musiciens : « ils ne me connaissent pas ! » En fait, ils savaient tous qui était Jean-Claude Casadesus et se dirent très « honorés » de cette visite. Et moi donc !

 

Jacques ERWAN
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