Danse, Patrick Dupond

En 1985, Patrick Dupond, le danseur étoile de l’opéra de Paris, partageait la scène avec Francis Lalanne, au Printemps de Bourges. Chacun m‘avait prévenu que cet artiste était «  compliqué » et source de problèmes : je m’attendais donc au pire. Il arriva à l’heure, demanda à essayer le tapis de danse et, satisfait, regagna sa loge pour prendre une douche et se préparer au spectacle. Peu après, je dus le déranger : le service de Presse était débordé par les demandes d’interview et il fallait trouver une solution. Il me demanda mon avis et une éventuelle suggestion ; je lui répondis que, à mon avis, une seule possibilité s’offrait: une conférence de Presse à l’issue du spectacle, ouverte à tous les journalistes, locaux, nationaux, étrangers… Il me donna son accord ; j’étais sceptique !

Il quitta la scène, fatigué par sa superbe prestation ; la salle adjacente aux loges, métamorphosée en salle de Presse, était bondée ; je craignais le pire ! Il sortit de sa loge et, souriant, s’assit à ma droite. Je demandais aux journalistes de bien vouloir se présenter (nom et organe de Presse) avant de poser leur question. Les interrogations des uns et des autres se succédèrent en un flot ininterrompu. La séance se prolongeait, or je savais que Patrick Dupond dansait le lendemain, à 15 heures, à l’opéra de Paris ; les journalistes l’ignoraient. Le danseur répondit à toutes les questions, celles posées par le plus humble des professionnels comme par le plus célèbre, sans se préoccuper de l’heure. Il était tard quand il monta dans la voiture qui le conduisait à Paris. «  Compliqué » Patrick Dupond ? Un excellent professionnel, talentueux, généreux et gracieux !

Jacques ERWAN
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